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Quelques poésies de

KEMAL ÖZER

Traduites par MUSTAFA BALEL

 

 

 

 

Kemal Özer, né à Istanbul, en 1935 - mort à Istanbul en 2009. Après être diplômé d’Istanbul Erkek Lisesi, il a fréquenté à la faculté de littérature.  A partir de 1951 il a commencé à faire publier des poésies et des écrits dans des différentes revues littéraires. En 1956, il fut l’un des fondateur de revue « a dergisi ».

 

En 1976 il a avec «  Toi aussi, tu dois joindre à la défense de la vie » eu lauréat de l’Institution de Langue Turque, avec « Une phrase de l’histoire du visage humaine » Prix de Yunus Nadi en 1991 et avec «  Un sémah blessé pour juillet » Prix d’Orange en Or, en 2008.

 

Parmi ses œuvres : Kavganýn Yüreði (Le Coeur de combat), Yaþadýðýmýz Günlerin Þiirleri (Poésies des jours où nous avons vécu), Sen de Katýlmalýsýn Yaþamý Savunmaya (Toi aussi, tu dois joindre à la défense de la vie), Geceye Karþý Söylenmiþtir (Dit contre la nuit), Bir Adý Gurbet (l’Autre nom est exile), Sevdalý Buluþma (Rencontre amoureuse) etc.

 

 

 

 

 

 

POESIES

TURQUE S

CONTEMPORAINES

CHOISIES PAR

MUSTAFA BALEL

 

 

AVEC LA JOIE DE CE MOMENT

 

Avec la joie de ce moment, mon amour

ce moment quand nos doigts s’entrelacent

et quand notre respiration allie

en frémissant comme la vapeur dans la bouche d'un volcan

 

Avec la joie de ce moment, mon amour, ce moment

Lorsque nous fermons les yeux

– pour permettre de s’accumuler en nous-mêmes

le tumulte d'un fil tendu, des profondeurs d'un précipice

 

 

Avec la joie de ce moment, ce moment

Quand étoiles bleues explosent derrière vos paupières

Quand une rivière de feu coule vers le bas une pente

Pour jaillir plus tard dans le ciel.

 

Avec la joie de ce moment, mon amour

avec la joie de ce moment humide et bien chaud

nous devons englober tout, tout

Lorsque nous nous examinons comme si l’on se rencontre

pour la première fois et prononçons nos noms,

 

comme les premiers hérauts d'un incendie.

 

 

 

 

 

JEUX DES ENFANTS NE CONNAISSENT PAS

LA FRONTIÈRE

 

Qui dit qu'ils sont maussades,

ces enfants, les mains sur les hanches

les sourcils froncés, la bouche clouée,

le jeu ne s’arrêtera jamais même si le temps est arrêté.

 

 

Même si vous arrêtez la balle, elle reste dans le jeu,

si vous laissez la corde, le cerf-volant ne tombe pas,

le vent du jeu de poursuite ne se disparaît jamais sur les mèches.

 

Supposons que les enfants de différents pays

se réunirent en un jeu ;

lorsque la main d'un enfant touche d'autrui,

une rose donne la voix de l'Espagne.

 

Lorsque l'un d’eux s’élève sur les bouts de pieds

l'Afrique apparaît derrière l'épaule d’un autre,

lorsqu'un d’eux se rapproche d’un  pas à l'autre,

la Mer du Nord se rapproche de la Méditerranée.

 

Qui dit que ces visages resteront inchangés,

si blessés, prêts à s’affliger, si silencieux,

le temps ne s’arrêtera pas même si vous arrêtez le jeu.